[글을 쓴 배경] 저의 한국어 과외 제자인 프랑스 60대 아저씨와 오늘 저녁에 내년에 치뤄지는 프랑스 대선 이야기를 한참 했습니다. 이분은 평생 중도우파 유권자로 본인을 생각해 온 분인데, 이번에 우파 후보자들이 너무 별로라... 투표를 하지 말까... 하는 생각마저 든다고 했습니다. 그래도 내년 대선까지 집권 프로그램 관련한 모든 사회적 토론은 다 열심히 들여다 볼 거라 했습니다. 어쩌면... 대선 앞두고 괜찮아 보이면... 생애 처음으로 이번에 중도좌파 후보르 등장한 글뤽스만이라는 유럽의회 정치인에게 표를 줄지도 모른다고... 생각도 해보겠다고 했습니다. 한동안 프랑스 민주주의(현실 정치가 아니라, 인민이 기델 데로서의 민주주의 사상과 정치)에 관심을 끊고 있다가, 과외를 마치고 라파엘 글뤽스만이라는 정치인과 그를 둘러싼 프랑스 좌파 정치인들(말 많은 국회의원들 말고 진짜 실력이 행정력을 갖춘 로우키 정치인들)에 대해서 좀 알아봤습니다. 지금 진행되는 일들을 듣다 보니, 지난 15년 한국 민주주의가 걸어온 길도 생각이 나더군요. 그래서 제미나이라 한참을 토론하면서 또 옥신각신하면서 아래의 시론을 하나 적어 보았습니다.
[시론] ‘부잣집 도련님’의 오만을 버린 프랑스 좌파에게: 한국 친구가 프랑스 시민들에게 보내는 연대의 편지
2011년, 필자가 프랑스 땅에 처음 도착했을 때 마주한 것은 니콜라 사르코지와 프랑수아 올랑드의 대선 일대일 TV 토론이었다. 돌이켜보면 한국의 민주주의에게 잔인한 계절이었다. 당시 필자는 이명박 정부가 사대강에 저지르는 폭력과 2008년 광우병 소고기 수입 반대 투쟁, 용산 참사에 대한 사회적 아픔에 앞에서 한국 정치의 가벼움과 무거움에 크게 실망해 민주주의라는 말 자체에 대한 신뢰를 잃어가던 처지였다. 중도좌파 성향의 보통 시민으로서, 프랑스에 도착해서 ‘현대 민주주의의 발상지’이자 민주주의 사상의 중심지라는 프랑스라면 뭐가 좀 다를까 기대했으나, 지난 15년 동안 필자가 목격한 프랑스의 정치 현실은 끝없는 패퇴와 실망, 그리고 정치인들을 향한 시민들의 원망뿐이었다.
프랑스가 그렇게 조상의 유산을 까먹는 ‘부잣집 도련님’처럼 방황하는 사이, 필자가 실망해서 떠났던 '헬조선' 대한민국은 전혀 다른 타임라인을 격렬하게 통과해 왔다. 이명박·박근혜 정권의 엄혹한 시절을 거치고, 세월호의 참혹한 비극 속에서 포기하지 않고 투쟁했으며, 프란체스코 교황님의 축복을 받기도 하고, 문재인 정권의 성립으로 잠시나마 상처를 치유(힐링)받는 듯했다.

프랑스 좌파가 다시 '유럽의 사상적 나침반'으로서 당당하게 실력과 자신감을 찾으려면, 결국 프랑스 시민들 역시 정치인에게 기댈 생각만 하지 말고 스스로 광장에서 일어서야 할 것이다. 그러나 양국 시민들의 집단적 마음 상태를 관찰해 온 사회학자의 눈으로 침착하게 보건대, 지금 프랑스는 아직 그때가 아니다.

필자의 주관적인 해석과 평가를 전제로 복기해 본 이 글은, 멀리서 한국인이 프랑스인에게 던지는 거드름 섞인 훈수가 아니다. 두 나라의 각기 다른 굴곡을 현장에서 몸소 겪으며, 침묵 속에서 '민주주의란 무엇인가'를 사유해 온 한 한국인 친구가 프랑스 시민들에게 보내는 간절한 응원의 편지다.
[Tribune] À la gauche française qui a abandonné l'orgueil des « fils de bonne famille »
— Perspective d’une sociologue coréenne ayant vécu en France entre 2012-2024
Récemment, j'ai eu une longue discussion sur l'élection présidentielle à venir avec l'un de mes élèves de cours de coréen, un Français d'une soixantaine d'années. Cet homme s’est toujours considéré comme un électeur de centre-droit, mais face à la faiblesse des candidats actuels de son camp, il songeait presque à l'abstention. Pourtant, il m'a confié qu'il suivrait de près tous les débats de fond. Il envisage même, pour la première fois de sa vie, de donner sa voix à Raphaël Glucksmann, cette figure de la gauche modérée qui émerge au Parlement européen, si son programme se révèle solide. Cette discussion m'a poussée à me replonger dans les dynamiques actuelles de la gauche française, et à y déceler un écho saisissant avec les quinze dernières années de l'histoire démocratique coréenne.
On qualifie souvent la France de « berceau de la démocratie moderne », mais en tant que sociologue de centre-gauche et citoyenne mûrie par l'expérience, je préfère la définir comme le point de départ d'une démocratie de sang et de larmes. Dans l'histoire de l'humanité, aucune démocratie n'a jamais été acquise gratuitement. Elle se maintient par le sacrifice de ceux qui savent s'effacer.
Lorsque je suis arrivée en France en 2011, le premier grand événement politique dont j'ai été témoin a été le débat télévisé de l'entre-deux-tours entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. À cette époque, j'étais profondément déçue par la politique de mon pays, la Corée, alors meurtrie par la violence d'État contre les fleuves (le projet des Quatre Grands Fleuves), la répression tragique de Yongsan en 2009, et le traumatisme social qui en découlait. J'espérais trouver en France une source d'inspiration. Pourtant, pendant les quinze années qui ont suivi, j'ai vu la démocratie française reculer, et les citoyens s'enfoncer dans le ressentiment envers leurs dirigeants.
Jusqu'au quinquennat de François Hollande (2012-2017), la gauche modérée française incarnait encore une certaine « gauche de gouvernement », capable d'assumer les responsabilités de l'État malgré ses manques. Mais après cela, elle a semblé oublier cette vérité fondamentale. En s'enfermant dans des guerres d'ego, en étouffant les figures émergentes, et en se contentant d'une supériorité morale stérile face à la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon sans prouver sa propre compétence administrative, les élites du Parti Socialiste (PS) rappelaient cruellement la trajectoire de cette classe politique coréenne qui s'est effondrée pour s'être installée dans ses privilèges.
Pendant que la France s'égarait, la Corée du Sud traversait une chronologie radicalement différente et violente. Nous avons connu les années sombres des présidences conservatrices, les larmes de la tragédie du Sewol, puis le répit et la guérison sous la présidence de Moon Jae-in. Mais nous avons aussi subi des régressions aberrantes, comme l'élection de Yoon Suk-yeol, portée par une volonté populaire de « sanctionner la gauche » post-pandémie. L'effondrement moral de figures majeures de la gauche, dotées de vision et de compétences mais tragiquement défaillantes sur le plan éthique, à l'instar d'Ahn Hee-jung ou de Park Won-soon, a lourdement pesé dans cette crise. Malgré l'impensable, les citoyens coréens n'ont pas fléchi. Ils sont retournés au travail, ont continué à fabriquer, à innover, soutenant à bout de bras les fondations du pays. Et lorsque ce pouvoir a osé proclamer la loi martiale, le peuple n'a pas hésité une seconde : il a couru vers l'Assemblée nationale pour faire barrage aux fusils. La Corée a prouvé que la politique ne change que lorsque le peuple cesse de tout attendre des politiciens pour se lever lui-même.
Aujourd'hui, je vois enfin un sursaut en France. Après neuf ans de macronisme marqués par l'arrogance technocratique face aux crises, les Français ont subi des blessures morales trop profondes. Ce dont ils ont besoin, ce n'est pas d'une injonction à l'insurrection, mais de guérison et de réparation. C'est pourquoi le rassemblement de la gauche modérée autour de Raphaël Glucksmann est crucial. Il a dépassé la rhétorique de l'intellectuel en présentant des excuses officielles pour les fautes passées de la gauche, tout en proposant un programme concret de réindustrialisation verte (100 milliards d'euros). Derrière lui, le soutien de gestionnaires de terrain comme Carole Delga, présidente de la région Occitanie (dans le Sud de la France), apporte une crédibilité administrative indispensable à une gauche souvent jugée trop idéaliste. Parallèlement, de nouveaux profils émergent, à l'instar de Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen. Fils d'immigrés ayant transformé sa ville par le pragmatisme, il porte un discours axé sur la sécurité (SAFE) et l'école publique, s'inscrivant dans un temps long pour bâtir ses réseaux. Face à l'arrogance d'une gauche radicale moralisatrice, ce rassemblement d'adultes responsables est essentiel.
Ce texte n'est pas une leçon venue de Corée, mais la lettre d'une amie coréenne qui, en observant en silence les oscillations de nos deux pays, a passé 15 ans à méditer sur le sens de la démocratie. L'avenir ne s'ouvrira que si les citoyens et les politiciens français abandonnent le fétichisme de leur grandeur passée pour accepter l'autocritique. Que votre transition soit sincère.
_Jaeeun PARK (Avec l'aide rédactoriale de l'IA Gemini pour la rédaction de cette ébauche)
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